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« Reportage dans le monde visible et invisible » publié dans Marianne en 1934, coupures truffant la « troisième édition » (Stock, Paris, 1924) de l’album  Dessins dans l’exemplaire conservé au fonds de Montpellier.

Des « images grotesques » de son album Dessins (1923), sorties de lui « sans contrôle », Cocteau dit dans la version sur épreuves de sa dédicace à Picasso qu’elles ne sont pas des dessins mais de l’écriture sous une autre forme, « de l’écriture qui se déguise, des majuscules dénouées, renouées ensuite autrement » : « Portraits, charges, ménageries de notre subconscience » (épreuves conservées dans le fonds de Montpellier). La version définitive dit plus simplement : « Les poètes ne dessinent pas. Ils dénouent l’écriture et la renouent ensuite autrement ».
Ainsi considérés, beaucoup de dessins de Cocteau, d’apparence lâchée ou non, peuvent être vus comme de la conversation, que le poète soumet aux mêmes questions de « degrés de cuisson » (Le Secret professionnel, 1922) que son œuvre parlée ou écrite.
Le chapeau-préface des dessins présentés ci-contre, vraisemblablement inspiré par l’auteur lui-même, le dit clairement :
« On sait que Jean Cocteau a fait du dessin une espèce d’écriture plus libre. La suite de dessins dont nous commençons aujourd’hui la publication relève de l’écriture et de la conversation. Ce reportage dans le monde visible et invisible est, en quelque sorte, un album de poche, correspondant au carnet de notes d’un journaliste. Ce sont des phrases d’une conversation qui serait dessinée au lieu d’être dite. »